lundi 19 janvier 2015

Réunion de la Stratégie de Programme pour le Sahel de l’UNODC Dakar, 19 janvier 2015 - Allocution de Mme Hiroute Guebre Sellassie



Allocution de Mme Hiroute Guebre Sellassie
Envoyée Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahel

Réunion de la Stratégie de Programme pour le Sahel de l’UNODC
Dakar, 19 janvier 2015

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Excellences, les représentants des gouvernements,
Mesdames, Messieurs, les représentants des organisations régionales et internationales,
Chers collègues du système des Nations Unies,
Mesdames et messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de profiter de votre présence à toutes et à tous pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2015. J’espère qu’elle sera meilleure que celle qui vient de s’écouler, notamment pour la région qui nous concerne-la région du Sahel-

Je voudrais remercier le Bureau Régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le Crime pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et à sa tête, M. Pierre Lapaque d’avoir pris l’initiative d’organiser cette réunion.

Cette réunion, importante, nous permettra de faire le point et d’évaluer les activités réalisées ainsi que les objectifs atteints dans le domaine du crime organisé transnational, la justice pénale et la corruption dans la région du Sahel.

Cette réunion qui s’inscrit dans le cadre d’une contribution essentielle de l’UNODC à  la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel(SINUS), va sans aucun doute, nous permettre d’ajuster nos réponses et surtout- d’accélérer leur mise en œuvre afin de  résoudre efficacement la problématique sécuritaire, laquelle, comme vous le savez, est multiforme, complexe et imbriquée dans un espace environnemental et socio-économique défavorable.


Le travail considérable déjà effectué par l’UNODC, notamment dans le renforcement de la coopération dans l'entraide judiciaire entre les autorités judiciaires au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad; l’augmentation de la capacité dans le marquage des armes à feu au Burkina Faso, au Mali et au Niger ; l’amélioration des connaissances sur la criminalité transnationale organisée et les capacités étatiques dans le Sahel ; les programmes de sensibilisation sur les questions de trafic d'armes à feu et la collecte de données pour surveiller le trafic illicite ; la définition des priorités pour la réforme pénitentiaire, notamment la réduction de la surpopulation et la lutte contre la radicalisation des détenus ; et l’organisation d’une série d’ateliers régionaux pour améliorer la connaissance du cadre juridique international contre le terrorisme au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad- sont autant de réalisations prometteuses à féliciter que des chantiers qui nécessitent encore notre attentions et nos efforts.

Aucune démarche ou tentative de solution ne saurait aujourd’hui faire l’économie du paramètre majeur qui est celui de « la connexion des problèmes et défis ».

Parce-que les problèmes et les défis du Sahel s’entremêlent les uns dans les autres que les solutions doivent être impérativement intégrées, adaptées et enfin coordonnées.

Intégrées dans leurs approches, adaptées aux contextes et aux problèmes, et coordonnées par rapport aux actions des divers acteurs régionaux et internationaux.

Mesdames, Messieurs,

Depuis des décennies le Sahel est englué dans des problèmes multiformes et fait face de plus en plus à des défis aussi variés qu’insurmontables :

La pauvreté extrême d’une grande partie de la population dans le Sahel, les conditions climatiques conjuguées aux grands espaces arides qui perturbent les modes de vie de millions de personnes et les obligent à recourir à de nouveaux moyens de subsistance, l’absence de présence des institutions d’états censées aider les populations dans le besoin-


A cet état des lieux, s’ajoute la prolifération des groupes criminels et terroristes qui profitent de l’incapacité de certains états de la région à imposer-justement- leur autorité régalienne.

Ces groupes prennent des populations entières en otage et menacent toute une région et la rendent prisonnière d’insécurité, d’instabilité et de violence.

Les connexions avérées ou supposées entre le crime organisé et les différents groupes terroristes sont une menace supplémentaire dans une région qui en connait déjà beaucoup.

Pourrions-nous résoudre les problèmes d’insécurité liés au crime transfrontalier organisé et à la corruption sans intervenir pour améliorer des domaines aussi importants que l’éducation, la justice, le chômage ou la gouvernance ?
La réponse est non.

Au-delà des efforts qui doivent être coordonnés et davantage articulés sur les priorités structurelles, nous devons agir rapidement sur le terreau fertile qui permet à ces problèmes et défis de se propager.

La bonne gouvernance est cruciale dans toute recherche de solution aux problèmes que connait le Sahel, particulièrement ceux liés à la sécurité.

L’engagement de certains pays de la région à entreprendre des réformes structurelles afin d’améliorer les systèmes judiciaires et économiques, les conditions de vie, y compris le droit au travail et à l’éducation-des femmes et des hommes- sera primordial dans les mois à venir pour pouvoir offrir un espoir d’une vie meilleure.

Compte-tenu de la nature des problèmes, l’engagement ne devrait pas se limiter à un pays ou deux, il doit être régional pour mieux et rapidement endiguer des problèmes-désormais- régionaux.

Mesdames et messieurs,

Les discussions et échanges qui vont suivre aujourd’hui et demain devraient aussi nous aider, je l’espère, à nous interroger avec les gouvernements de la région et tous les partenaires afin d’améliorer nos actions pour les rendre plus efficaces et rapides.

L’action du Bureau Régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le Crime pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ainsi que les autres entités des Nations Unies est vital dans la mise en œuvre de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Elle s’inscrit aussi dans cette recherche de solutions pratiques, innovantes et efficace que nous menons.

Alors que nous entamons une nouvelle année, j’ose souhaiter qu’elle soit porteuse de changement positif. Et pour cela, nous devons agir vite et ensemble.

Ensemble avec les pays de la région comme en témoigne la présence aujourd’hui dans cette réunion des représentants des différents gouvernements, nous pourrons allez de l’avant pour une sécurité et un développement meilleurs au Sahel.

Je vous remercie pour votre attention.
###HGS###