Tout d’abord, je tiens à féliciter le Bureau de Madame l’Envoyée Spéciale pour le Sahel pour cette initiative et pour tous ses efforts pour une mise en œuvre efficace et efficiente de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel (SINUS). Au cours de ses visites au Niger, les plus hautes autorités du Niger ainsi que l’Equipe Pays du Système des Nations Unies ont eu des échanges fructueux avec Madame l’Envoyée Spéciale sur la mise en œuvre de la SINUS au Niger et sur les enjeux de développement, les questions de sécurité, la gouvernance, les aspects humanitaires, la résilience et le rôle du SNU. C’est donc pour moi, un honneur de figurer dans le Premier numéro de la lettre d’information d’OSES, qui est, à mon avis un prolongement des réflexions pour une meilleure cohérence de nos actions et une manière d’en assurer une plus grande visibilité pour un partenariat plus élargi, une plus grande mobilisation de ressources et un impact plus grand au bénéfice des populations du Sahel. Je souhaite donc plein succès à cette lettre d’information.
Quel est le rôle de l’équipe pays dans la mise en œuvre de la SINUS au Niger ?
Quel est le rôle de l’équipe pays dans la mise en œuvre de la SINUS au Niger ?
Comme vous le savez, la SINUS comprend trois piliers (i) sécurité ; (ii) gouvernance et (iii) résilience. Ces piliers sont du reste parfaitement alignés sur deux des trois axes d’intervention du Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement (UNDAF) 2014-2018 du Niger, à savoir d’une part la gouvernance/paix/sécurité et d’autre part la résilience. Ces axes d’intervention ressortent des priorités nationales telles que définies dans le Plan de développement économique et social (PDES) 2012-2015.
Dans ce contexte, le Système des Nations Unies au Niger, sur la base des compétences distinctives des agences, institutions spécialisées, fonds et programmes, contribue à la mise en œuvre de ces priorités nationales. Cela comprend :
(i) l’expertise ;
(ii) le renforcement des capacités ;
(iii) la mise à disposition de ressources financières avec souvent un effet catalytique et de levier;
(iv) des plaidoyers et des appuis pour la mobilisation des ressources.
Ainsi, au cours de notre cycle de programmation 2014-2018, les 5 agences qui ont signé des documents de programmation (CPAP) avec le Gouvernement se sont engagées pour 1,4 milliards de dollars qui conjugués aux autres agences (cela n’inclut pas la Banque Mondiale) devrait faire des engagements de 900 milliards de FCFA.
En outre, trois notes conceptuelles ont été préparées et endossées par le SNU et les trois groupes de travail mis en place par le Gouvernement pour une mobilisation de ressources en faveur de la mise en œuvre de la SINUS. Dans le domaine spécifique de la résilience, le SNU pilote sous la coordination du Haut-commissariat à l’Initiative 3 N (« Les Nigériens nourrissent les Nigériens », programme de sécurité alimentaire et nutritionnelle) une approche innovante de renforcement de la résilience à la base, avec comme point d’entrée : la commune. Cette approche dite des communes de convergence, non seulement, concilie la résilience et la gouvernance, deux piliers de la SINUS ; mais encore donne une idée concrète de « Unis dans l’action » programmatique. Tous ces deux facteurs, me semble-t-il, sont nécessaires pour une réussite au niveau national de la SINUS. Il faut ajouter qu’avec le Fonds pour la consolidation de la paix, la conduite de l’analyse des facteurs de conflits et l’expérience d’un Projet Jeunesse, Paix et Développement donnent des éléments d’une meilleure prévention des conflits permettant ainsi d’assurer une plus grande cohésion sociale et une plus grande sécurité. Soulignons enfin que personnellement, nous avons représenté le SNU dans des réunions y compris au nom de l’ES pour le Sahel, où nous avons appuyé une meilleure cohérence et des synergies d’action, notamment avec d’autres initiatives dans la région, en particulier le G5 (regroupant le Burkina, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad) dont nous saluons le leadership des Etats.
Notons enfin que la SINUS a été endossée à nouveau officiellement notamment au Niger lors de la visite mémorable conduite le 06 novembre 2013 par le Secrétaire Général des Nations avec la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, le Président de la Banque Mondiale, le Président de la Banque Africaine de Développement et le Commissaire au Développement de l’Union Européenne.
Cette importance de la SINUS a été à nouveau réitérée la semaine dernière dans la déclaration faite lors de la visite du Président de la République du Niger au Tchad.
Donc certainement le SNU a fait des avancées mais il y a encore beaucoup d’actions à faire y compris au niveau des projets régionaux et transfrontaliers. Il nous faut mobiliser davantage de ressources et aussi mettre l’accent sur une approche régionale plus efficiente pour les programmes y afférents.
Quels sont les défis majeurs que connait le Niger dans les domaines de la gouvernance, de la sécurité et de la résilience ?
Dans le domaine de la gouvernance, le principal défi pour le Niger est le renforcement de la crédibilité des institutions. Malgré des avancées en matière d’approfondissement de la démocratie et de respect des libertés, il faut encore consolider les bases de la démocratie, en s’appuyant sur l'arsenal juridico-institutionnel dont s’est doté le pays sur la base de la Constitution du 25 novembre 2010. Il s’agit pour les autorités de rendre opérationnel l’ensemble des institutions républicaines mises en place et de créer les conditions nécessaires à leur indépendance. Le défi consiste également à approfondir le dialogue entre acteurs autour des questions d’intérêt national. En matière de gouvernance administrative et locale, il s’agit de pallier, entre autres, aux problèmes liés à :
-l’insuffisance qualitative et quantitative des ressources humaines, l’inadéquation entre la localisation des effectifs et les besoins des services publics,
- la faiblesse en général des procédures de gestion des ressources humaines et de la culture administrative incluant la probité,
- le rejet de la corruption et la prestation de services de qualité aux usagers.
- Certains de ces points ont été rappelés par le Chef de l’Etat lors de son discours à la Nation pour la fête de la proclamation de la république cette année.
Les efforts doivent donc notamment viser :
- l’amélioration de la gestion stratégique de l’Etat, qui a bien démarré avec une vision et un leadership affirmés du Président de la République mais qui a besoin d’être traduits de manière plus appropriée au niveau des différentes uniques. Par exemple, certes le PDES est devenu l’unique cadre de référence mais dans la pratique les différentes politiques sectorielles gagneraient à être plus rationalisées et à être mieux articulées ;
- la rationalisation des structures administratives et
- le bon fonctionnement des institutions, en particulier l’administration publique, à travers la gestion axée sur les résultats et la pratique de l’évaluation des performances.
Sur le plan de la gouvernance locale, les principaux défis à relever concernent
-la faible capacité des collectivités locales à assumer leurs nouvelles responsabilités, notamment en matière de maîtrise d’ouvrage,
-l’insuffisance des ressources et de mécanismes de financement adéquats et
-la capacité limitée des services déconcentrés de l’Etat à accompagner le processus de décentralisation ;
-l’insuffisance de la territorialisation de l’économie et le développement d’une véritable économie locale avec des filières rénovées permettant d’élargir l’assiette fiscale et de renforcer les capacités d’action des entités décentralisées. Il faut noter que la loi affecte 15% des revenus miniers aux collectivités territoriales.
Il faut reconnaître que le territoire est vaste (1.267.000 km2) et les enjeux de développement importants et les ressources limitées, d’où la nécessité mais aussi la complexité du processus de décentralisation.
Dans le domaine de la gouvernance économique et financière, il s’agit de remédier aux insuffisances des capacités nationales en termes :
- de conduite de la réforme des finances publiques,
- de pilotage de l’économie,
- de l’alignement des stratégies et politiques sur le cadre de planification budgétaire (de manière à assurer leur financement durable),
- du contrôle de l’exécution budgétaire et
- de la reddition des comptes et de l’absorption des crédits ; même si sur ce plan, l’évolution est positive.
Les défis en termes de sécurité sont liés notamment aux facteurs exogènes que représente l’étendue du pays rappelée ci-dessus et sa situation géopolitique sept (7) frontières.
La situation sécuritaire est caractérisée par
- l’existence d’insécurité résiduelle du Mali,
- la persistance de la crise libyenne et
- la guerre que le pays et ses alliés livrent contre les groupes terroristes, notamment à la frontière avec le Nigéria.
Enfin, il faut ajouter des facteurs endogènes qui sont des opportunités mais qui pourraient devenir des menaces, s’ils ne sont pas bien gérés, à savoir la question de la jeunesse (64% a moins de 24 ans et manque d’emplois) et de la situation de la femme. Notre préoccupation majeure est que ces jeunes ne répondent pas aux appels de ces forces du mal. Il faut souligner que le Niger a très fort taux démographique (3,9% par an) et un indice de fécondité de 7,6 enfants par mère. La population double tous les dix-huit ans. Cela a un fort impact sur toutes les actions.
La question de la sécurité est aussi intimement liée au développement. En fait il s’agit d’une tryptique souvent rappelée aussi par les autorités : paix-sécurité-développement. Personnellement, je suis très inquiet que la guerre et la nécessité imposée au Niger de forts investissements dans la sécurité n’obèrent sa capacité à répondre aux besoins de plus en plus importants rythmés par le fort accroissement démographique. Cela pourrait avoir des conséquences importantes d’autant que la jeunesse, par nature impatiente, peut répondre aux chants des sirènes, y compris terroristes !
S’agissant de la résilience, le Niger est souvent confronté à des contingences liées à la succession de phases de sécheresse de plus en plus rapprochées et de périodes d’inondations. Les déficits vivriers (une année sur deux en moyenne) et fourragers (deux années sur cinq en moyenne) sont récurrents. Les capacités limitées d’ajustement et de résilience des populations aboutissent au fait qu’un déficit prononcé se traduit généralement par des crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales augmentant la vulnérabilité chronique d’une large part de la population surtout en milieu rural. A cela s’ajoutent les invasions acridiennes et l’afflux important de réfugiés ou les déplacements de populations dans des localités déjà fragilisées par la crise alimentaire. Dans ce contexte, faire le lien entre le développement et l’humanitaire au niveau le plus périphérique en vue d’améliorer la résilience des communautés, des systèmes et des institutions, constitue un réel défi.
Pour réduire les impacts des crises sur les populations nigériennes, leurs moyens d’existence et leur niveau de vulnérabilité, le Niger a mis en place en 2012 l’Initiative pour la sécurité alimentaire, nutritionnelle et le développement agricole durable, appelée « les Nigériens nourrissent les Nigériens (I3N) ». L'objectif de cette Initiative est de s’attaquer aux causes structurelles de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle afin de renforcer la résilience des populations vulnérables.
Concrètement, comment les NU aident-elles le Niger à relever ces défis ?
Je crois que vu la cohérence entre la SINUS et notre action au niveau national, une partie de la réponse a déjà été donnée, en citant la contribution du SNU à la mise en œuvre de la SINUS. Permettez-moi d’en rappeler les grandes lignes.
En effet, l’UNDAF 2014-2018 en cohérence avec le PDES 2012-2015 a identifié la Gouvernance, Paix et Sécurité comme un domaine de coopération majeur.
Au plan de la gouvernance, les appuis du SNU portent sur le renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques, y compris les communautés vulnérables, les femmes, les jeunes et les organisations de la société civile dans le but d’améliorer la gouvernance démocratique, administrative, économique, locale ainsi que la paix et la sécurité. Dans le cadre de l’UNDAF 2014-2018, le SNU s’est fixé pour priorités le renforcement des capacités des institutions nationales en vue de consolider la démocratie et la sécurité humaine, et la gestion transparente des finances publiques, d’améliorer la capacité d’absorption des ressources, et de promouvoir la gouvernance locale. Il s'agit également de renforcer le cadre juridique, de favoriser l'accès équitable à la justice et de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des conflits y compris par l’appui au processus d’intégration régionale et le plaidoyer en faveur du respect des engagements régionaux qui visent à pérenniser les actions de développement. Notons que le SNU a appuyé le Gouvernement à l’élaboration d’un programme conjoint de renforcement des capacités appuyé par les partenaires techniques et financiers qui pourrait contribuer à desserrer certaines des contraintes rappelées ci-dessus.
Le SNU va aussi contribuer à renforcer les capacités des institutions en charge des élections (prévues en 2016), de la paix et de la sécurité afin qu’elles puissent mener à bien leur mission, ainsi que des organisations des leaders locaux, des OSC, des médias, des femmes et des jeunes afin qu’ils puissent apporter leur contribution à la bonne gouvernance, à la gestion des conflits et à la consolidation de la paix.
En ce qui concerne la paix et la sécurité, toutes les agences, de par leurs efforts quotidiens, contribuent à créer un environnement propice à la coexistence pacifique et à la cohésion sociale entre les communautés au Niger. De façon spécifique, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, les actions du SNU s’attaquent :
- aux causes profondes, intermédiaires et aux facteurs déclencheurs de conflits, au renforcement des acquis démocratiques,
- à la promotion de la sécurité communautaire,
- à l’accès à la justice, aux initiatives socioéconomiques citoyennes et notamment des jeunes et des femmes,
- au renforcement des structures nationales et communautaires pour la consolidation de la paix, aux migrants ou encore aux réfugiés à la promotion de l’éducation et des droits de l’homme.
Dans le domaine de la résilience des communautés et des institutions, le SNU s’investit en contribuant par la mise en œuvre d’un paquet d’interventions cohérent et synergique, tenant compte des besoins spécifiques identifiés notamment dans les plans de développement communaux. A la faveur du plan d’action résilience de l’UNDAF dans 35 communes identifiées sur la base de leur vulnérabilité, le paquet d’interventions est axé sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la prévention et la gestion des risques et catastrophes, la gestion des ressources naturelles, la protection sociale, le renforcement de la gouvernance et l’accès et l’utilisation des services sociaux de base incluant la maîtrise de la croissance démographique.
Ces interventions en sus du niveau communautaire portent sur les autres échelons pour renforcer l’accès aux services sociaux de base, notamment en éducation et en santé.
Les interventions sont ainsi articulées autour d’une approche basée sur le concept de «Communes de Convergence», rappelées ci-dessus. Ce concept place les communautés, les collectivités locales et ses élus au cœur du processus de programmation, dans le cadre fédérateur du Plan de développement communal (PDC) et des plans annuels d’investissement des communes.
Le SNU appuie aussi le Gouvernement à préparer et à réaffirmer lors des grandes conférences, comme présentement la Conférence de Sendai sur Hyogo 2 sur la réduction des risques et catastrophes, la préparation du Sommet humanitaire mondial, les discussions sur la Conférence internationale Population et développement Le Caire+20, la conférence des PMA, la COP 21, la conférence sur la femme Beijing+20 et surtout la conférence sur l’agenda post 2015. Le SNU avait appuyé les consultations nationales y relatives.
Comment le Niger fait-il face à ces défis ?
Les défis du Niger, faut-il le rappeler, sont complexes et nombreux. Mais des efforts certains sont faits. Ainsi, en août 2012, le gouvernement du Niger a approuvé un plan de développement économique et social (PDES) pour la période 2012-2015. Il inclut l’initiative 3N et la Stratégie pour le développement et la sécurité dans les zones sahélo-sahariennes du Niger (SDS Sahel) et vise l’accélération de la croissance inclusive et la promotion d’un développement durable dans un environnement de bonne gouvernance. Elaboré dans un cadre participatif et inclusif, ses programmes sont répartis en 5 axes majeurs qui prennent en charge les défis visés:
Les défis du Niger, faut-il le rappeler, sont complexes et nombreux. Mais des efforts certains sont faits. Ainsi, en août 2012, le gouvernement du Niger a approuvé un plan de développement économique et social (PDES) pour la période 2012-2015. Il inclut l’initiative 3N et la Stratégie pour le développement et la sécurité dans les zones sahélo-sahariennes du Niger (SDS Sahel) et vise l’accélération de la croissance inclusive et la promotion d’un développement durable dans un environnement de bonne gouvernance. Elaboré dans un cadre participatif et inclusif, ses programmes sont répartis en 5 axes majeurs qui prennent en charge les défis visés:
i) renforcement de la crédibilité et de l'efficacité des institutions publiques ;
ii) création des conditions d’un développement durable, équilibré et inclusif ;
iii) sécurité alimentaire et développement agricole durable ;
iv) économie compétitive et diversifiée pour une croissance accélérée et inclusive ;
v) promotion du développement social.
Avec l’appui de ses partenaires, notamment du SNU, le gouvernement a pu mobiliser près de 4,8 milliards de dollars soit plus de 100% du gap financier du PDES. Le suivi de la mise en œuvre du PDES est assuré à travers un dialogue régulier sur les politiques et stratégies entre le gouvernement et les partenaires au développement.
Nous n’avons pas détaillé certaines actions. En effet, toutes les opérations précitées des agences sont faites en appui aux efforts du gouvernement.
Quelles sont les difficultés auxquelles l’équipe pays fait face dans le cadre de son appui aux efforts du Niger pour relever les défis cités.
L’équipe pays du Niger est constituée de treize (13) agences résidentes dont l’esprit de coopération, de réflexion, de positionnement stratégique et d’action en synergies, pour le bien être de toutes les populations Nigériennes est souvent cité en exemple. Elle place ses actions dans une optique de subsidiarité et d’accompagnement du Gouvernement du Niger.
En outre, l’Equipe Pays du Niger a adopté une approche visionnaire, novatrice et intégrée de programmation conjointe qui matérialise notre « Agir ensemble » à travers les Communes de Convergence. Cette approche réduit nos coûts de transaction, rehausse notre visibilité et notre impact sur le terrain au niveau décentralisé.
Cependant, elle se trouve confrontée à de grands défis, et échéances, dont le défi sécuritaire, non seulement obérant les actions de développement, mais encore rendant l’accès à certaines zones du pays difficile et coûteux avec le coût des escortes et leur disponibilité des fois. La situation créée à Diffa depuis le 06 février avec l’attaque des groupes terroristes en est une illustration parfaite. Le Niger fait face aussi à des défis humanitaires considérables, notamment en insécurité alimentaire et nutritionnelle, en déplacements de populations, en épidémies, en conséquences des inondations. Ainsi le SNU et les ONG doivent-ils chaque année mobiliser près de 300 millions USD, soit 1500 millions de francs CFA pour leurs opérations. Cela est intenable et la fatigue des bailleurs se fait déjà sentir. Il faut des solutions structurelles que nous appuyons mais le SNU a aussi besoin de plus de moyens financiers pour mieux jouer son rôle d’appui basé sur la subsidiarité et l’effet de levier. Il faut donc davantage mettre en commun les ressources limitées par une meilleure coordination de l’aide. Nous y travaillons notamment au niveau du Comité des Partenaires techniques et financiers Enfin cette année et l’année prochaine, le SNU a besoin de développer davantage de partenariats et de mobiliser des ressources pour mieux aider les institutions nationales à l’organisation des prochaines élections générales crédibles et transparentes. C’est le prix à payer pour avoir des institutions légitimes dans un environnement complexe et avec un climat politique et social requérant davantage de sérénité. Cet appui se fera en conformité avec les recommandations de la mission « Evaluation des besoins » (NAM) sollicitée par le Niger et dépêchée au Niger par le Secrétaire général.
Nos défis sont certes nombreux et difficiles. Ainsi, en dépit de progrès notables dans plusieurs domaines, le Niger reste 187ème sur 187 pays sur l’indice de développement humain du PNUD. Cela montre l’ampleur des actions qui restent à faire. Mais je suis optimiste. Je demeure en effet convaincu qu’avec les femmes et hommes d’expérience de l’équipe pays, leur fort engagement, leur grande coopération et la qualité de leurs ressources humaines, leur esprit d’équipe, la crédibilité du SNU auprès des autorités, de la société civile et des PTF, le travail concerté, le Système des Nations Unies peut et doit réussir d’importantes avancées pour un développement durable, équitable, équilibrée et inclusif au profit des populations du Niger. Evidemment, dans un tel cadre la coopération avec les bureaux régionaux et leur soutien, de même que ceux de nos sièges respectifs, l’ouverture et l’accessibilité des autorités nationales au plus niveau, qui ne nous ont jamais fait défaut, constituent autant de facteurs positifs. Il en est de même de la coopération avec les autres partenaires techniques et financiers. L’agenda post 2015 et les nouveaux objectifs de développement durable, le processus d’élaboration de la stratégie de croissance inclusive et de développement durable « Niger 2035 » et du nouveau PDES 2016-2020 sont autant de moments de réflexions pour une action concertée au service des populations Nigériennes, surtout les femmes et les jeunes et les plus vulnérables.
« Zaman lahya yahe Zaman dan sarki » (« Il vaut mieux vivre dans la paix qu’être prince »). Mais la paix, la sécurité et le développement sont intimement liés. Hâtons-nous donc de faire de cette tryptique réalité dans le Sahel avec une attention toute particulière à la jeunesse ! Le système des Nations Unies au Niger est prêt à jouer sa partition dans cette symphonie !
